Etape 1 - Arrivée a Madere

20 Septembre, je ne suis plus qu'à une centaine de milles de l’arrivée et le vent est revenu. Un petit alizé soufflant à10 noeuds gonfle le spi, le bateau avance quasiment tout seul sous le soleil et enchaine les milles après 2 jours de pétole.


Terre ! Terre !

Vers 18h, je vois à l'horizon le sommet des îles de l'archipel de Madere : "terre ! terre !"

Je prend le chemin le plus court sur la route : entre l'ile de Porto Santo et Madere avec peut-être un risque de dévent dans ce passage mais comme il est plus long de faire le tour, la question ne se pose pas !

A la tombée du jour, je vois les lumières s’allumer les unes après les autres sur l’horizon.

Je m’attable pour un festin : en vrac colombo de poulet lyophilisé copieusement garni de concentré de tomates, sardines, citrons, babybel ... tout ce qui peut être avalé doit l’être.

Puis, je vérifie les instructions nautiques pour préparer la navigation cotière (position des phares, éventuels dangers) avant d'entamer une petite sieste, en prévision de la fin de nuit qui nécessitera de la lucidité.


Une nuit agitée

Au réveil, un bon Daft Punk a fond dans le cockpit pour relancer la machine et Koati poursuit sa route.

Vers 4h du matin, je passe entre les iles, le vent forcit légèrement : il est en effet canalisé entre les îles et accélère.

Je réduit donc la voilure en prenant un ris dans la grand-voile avant de préparer une manoeuvre d’empannage pour prendre la direction de Funchal. A ce moment là, ça sent commence a sentir le roussi : le vent continue a forcir, il me faut modifier l’équilibre du bateau qui a tendance à partir en vrac.

J’affale alors le spi en catastrophe pour calmer le jeu avant la manoeuvre finale., j’empanne enfin et entame le dernier bord.

Suite a cet épisode, il ne reste qu'une baie et une pointe à franchir avant d’entrer au port, par contre le vent refait des siennes : il refuse et mollit.

Je me traîne ... c'est le moment d'envoyer le « Code 5 » (le plus petit spi qui permet de naviguer avec un angle fermé par rapport au vent et dispose au passage d'un surprenant effet turbo). La manoeuvre réussi au-delà de mes espérances puisque le vent reprend autour de 20 noeuds et j’atteint une vitesse supersonique : deux geisers d'eau salée encadrent l’étrave et me douchent façon lance à incendie !!!

A fond la caisse, en short, en pleine nuit, sous une douche tiède, je m’éclate !

Mais la partie n’est pas finie : arrivé sous le vent de l'ile, le vent tombe et change a nouveau de direction. J’affale le spi, re-hisse le génois et suis ... tanké.


Arrivée au lever du jour

Au moment où je commence à gamberger pour optimiser cette mauvaise passe, le vent revient à nouveau, et me permet d'avancer doucement dans une petite risée matinale. Le soleil commence à poindre dans mon dos et dévoile peu à peu Funchal qui s’éclaire comme sur la scène d’un théâtre.





0 commentaires: