8h00 - Second réveil au chant du coq.
Le premier a eu lieu moins d’une heure avant. Il s’agissait d’une longue série de raclements de gorge du voisin ... très classe ! Emmanuel se marre en racontant qu’il a entendu le coq chanter le jour de son arrivée alors qu’il était encore sur l’eau, se figurant alors qu’il avait eu une hallucination. L’humeur est belle bien que les conditions météo exceptionnelles de ces derniers jours ne promettent pas un démarrage au grand soleil sous le panache du spi.
Avant toute chose, un tour sur le net pour prendre le dernier bulletin météo et les éventuels avenants aux instructions de course. Pas de grosse surprise, le petit déjeuner peut être avalé tranquillement ... ou quasiment ... entre deux coups de fils de dernière minute.
10h15 – ça y est, il flotte !!!
Pile au moment de sortir de l’hôtel pour foncer (le bateau est déjà en « config’ course » comme exigé par le comité mais il est fermé à clefs ...) vers la marina , c'est l'averse!
Quelques ajustements de détails plus tard (dont un passage au centre commercial pour prendre les sandwichs qui constitueront le déjeuner du jour et un dernier coup d'œil au tableau d'information), il est temps d’émarger le document qui officialise le départ de koati pour la course et de laisser son portable aux membres de l’organisation. Détendu, Emmanuel décide alors de faire le tour des pontons pour saluer les copains et leur souhaiter bonne chance...
Prendre des nouvelle de l’état de chacun; échanger encouragements, défis, œils torves qui tentent l’intimidation juste avant un grand éclat de rire, poignées de mains qui scellent le pacte de se tenir compagnie pour quelques heures si l’on passe à portée de VHF... A mesure que ce cérémonial se déroule, Emmanuel prend conscience de l’imminence des nouveaux défis qui l’attendent « T’imagines ? On va traverser l’Atlantique ! » il s’interroge sur la réalité de passer un grain sous les alizés (faudra-t-il prendre un ris sous chacun ?) et fini hilare en parlant de cette échelle du temps qui va méchamment s’allonger : « 4 jours au près alors qu’à l’entrainement à Lorient, c’est plié en dix minutes .... et après ça, le même bord pendant au moins une semaine ! »
Partout le même scénario se déroule. L’ambiance est électrique malgré l’air détendu des concurrents : Alors que certains semblent être à la recherche d’ultimes infos pour se rassurer ou confirmer leurs options stratégiques, d’autres sont totalement muets, concentrés dans le rituel des gestes de préparation de leur esquif. Emmanuel n’y échappe pas. Peu à peu, bien qu’il soit encore à quai, il commence à s’éloigner de ce dernier petit territoire qui l’a tenu accroché au « vieux continent » un peu plus de dix jours encore.
Plus loin, on entend fuser les boutades et les rires qui s’ensuivent venus de quelques grappes de concurrents encore sous l’oeil attentif de leur famille ou staff de préparation (souvent les mêmes !) pour quelques ultimes minutes . Les membres de l’organisation passent eux aussi pour saluer les concurrents et leur donner rendez-vous à Bahia.
Pendant ce temps le balais des « zods » a démarré, hélés par les skippers fin prêts pour faire leur sortie.Celle-ci se déroule dans une ambiance plus calme qu’à La Rochelle : un public mais pas la foule. Les concurrents peuvent s’interpeler et s’encourager encore une fois et c’est sous les vivas des collègues que l’on passe l’extrémité des pontons. A son tour, Emmanuel fais signe, largue les amarres et se laisse entraîner hors du port...
k.