En vrac...


7h30 - heure française,


Emmanuel, encore sur le pont a l'air un peu sonné et donne ses premières impressions, réflexions, en vrac ...

Son genoux est très bien remis, il a passé beaucoup de temps allongé, a souffert de la chaleur, perdu du poids, il est surtout heureux d'être arrivé, d'en avoir enfin fini.

Il revient brièvement sur la course: malade deux heures après le départ (la météo était assez dure), une voile d'avant déchirée le deuxième jour, impossible de manger jusqu'aux Canaries ... il a géré, il avait le mental pour "compenser" ces difficultés.

Puis jusqu'au Pot au noir, super patate ! Il reprend des places tout en se reposant bien. Mais le Pot au noir n'est pas une légende, il peut faire mal et Emmanuel en fait les frais. Il perd 10 places, n'arrive pas à remonter malgré les efforts déployés, perd le moral ... La fatigue s'installe, il a dû trop puiser dans ses réserves les premiers jours...



Fin de Course

il nous l'a postée lui-même, il y a quelques heures:

"j ai un peu lâché dans la tête sur le bord de reaching : normalement, c'est une allure ou j'ai la grosse balle et là, je n'arrivais pas à recoller. Le matossage c'était pourtant "une porcherie", l'inter short-sheete, enfin ... réglé comme un pogo2 en speed test vers les birvideaux quoi ! Mais rien à faire, je recollait même pas les 2 pogo1 qui me précédaient !

Après, je me suis fait une frayeur avec un cargo, mais de la vraie ;-) Genre: le cargo s'est arrête après que je l'ai appelé, paniqué, sur le canal 16 et est reparti a 90 degré en avant toute pendant que j'avais mon grand spi qui battait, le tangon replié, impossible de virer ni d'empanner et que je dérivais dessus a moins de 50 mètres.

ça s'est conclu par un affalage de grand spi par l'arrière, une nouvelle manoeuvre... Donc: on prend l'écoute de spi derrière la grand voile, on lâche la drisse qui passe par dessus la corne (ne pas oublier de laisser l'amure en bordel pour être certain que ça va merder !); ça continue avec un spi plein d'accrocs et ça s'achève a ne plus rien avoir envie de faire toute la journée du lendemain.

Mais bonne nouvelle ... à l'approche de Bahia, les 2 seuls lyophals mangeables qui me restaient (aligot aveyronnais et pâtes au poulet et champignons) m'ont permis de tenir une bonne partie de la journée à 10 nœuds de moyenne sous code 5 et de claquer le record du bateau à 16,5 nœuds ! (...)

et il signe: "manu do bwasil" , ce qui laisse à penser que le moral est revenu ...


"Je pense bouffe sans arrêt !"

... Quand on lui demande comment il a tenu, Manu raconte qu'il lui a été impossible de lire mais qu'il avait des podcasts qui lui ont bien changé les idées et l'ont surtout détourné d'une obsession qui l'a tenaillé tout le parcours et ne l'a toujours pas lâché: "je pensais bouffe sans arrêt , aux recettes de maman, de mamie, de ma tante. Il y a deux jours, c'était l'automne et je n'avais qu'une chose en tête: la saison du champignon, du gibier ... les bonnes adresses des rôtisseries où aller m'offrir une belle perdrix grillée !"
Emmanuel a emmagasiné des images qu'il gardera en tête toute sa vie mais cette nuit, après la rituelle caïpirinha, il rêvait surtout d'un retour à la campagne, de retrouver ses copains, de bons petits plats réconfortants...


La course n'est pas finie

En attendant, il ne va pas trop s'éloigner des pontons, il faut encore ranger le bateau pour le renvoyer vers Lorient par cargo mais surtout guetter l'arrivée des derniers skippers pour qui la course n'est pas encore finie.

Koati et Emmanuel arrivés à bon port !












Quelques images de l'évènement, c'est là: http://www.transat650.org/fr/actus/963/montre-emmanuel-montre-etc.html

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